Unicredit : la crise affecte fortement le bénéfice net trimestriel[ 08/05/08 - 09H30 - actualisé à 09:30:00 ]
La première banque italienne a vu son bénéfice chuter de 50% au premier trimestre, à 1 milliard d'euros. Sa division banque d'investissement et de marché a été particulièrement touchée, avec une perte de 1 milliard sur la période.
La première banque italienne Unicredit est à son tour touché par la crise financière. Sur le premier trimestre, elle a vu son bénéfice net reculer de 51%, à 1 milliard d'euros, contre 2 milliards un an auparavant. Cette baisse est conforme aux indications données par la firme fin avril sur les dépréciations d'actifs attendues sur le trimestre.
Sa division banque d'investissement et de marché a en particulier subi une perte de 1 milliard d'euros essentiellement imputable à des dépréciations de titres adossés à des actifs (ABS) pour 642 millions d'euros, précise Unicredit.
Au premier trimestre, Unicredit a enregistré un recul de 16,5% de ses recettes à 6,45 milliards d'euros, essentiellement en raison des pertes de trading. Ce résultat est inférieur aux prévisions des analystes interrogés par Thomson Financial qui allaient de 6,48 à 6,6 milliards d'euros.
Dans le détail, les commissions nettes reculent de 9,3% en raison de la baisse des commissions liées à la gestion d'actifs qui souffre d'une décrue des volumes gérés. En revanche, les marges d'interêt augmentent de 12%, reflétant le bon niveau d'activité de banque commerciale, selon Unicredit.
La banque indique par ailleurs qu'elle vise un ratio patrimonial Core Tier 1 de 6% à la fin de l'année, contre 5,83% fin mars et 5,51% fin 2007.
Elle annonce qu'elle vise un bénéfice par action compris entre 0,52 et 0,56 euro par titre en 2008. Il s'agit de sa première prévision pour l'année, Unicredit ayant renoncé à donner des indications lors de l'annonce de ses résultats 2007 en raison des turbulences en cours sur les marchés
jeudi 8 mai 2008
samedi 12 avril 2008
Selon la directrice financière de Lehman Brothers, pas de rebond sur les marchés avant 2009
Dans une interview à Bloomberg, Erin Callan déclare ne pas voir ce que pourrait être le catalyseur d'un rebond dans les prochains mois. "Il faut regarder vers 2009", déclare-t-elle.
Pour Erin Callan, directrice financière de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, la crise mondiale des marchés de crédit pourrait ne se calmer que l'an prochain.
"Mars a été un mois très très dur, a-t-elle ainsi déclaré dans une interview sur Bloomberg television. Je ne vois pas ce qui pourrait etre le catalyseur d'un rebond dans les prochains mois. il faut regarder vers 2009 pour apercevoir un changement."
"Certains se montrent plus optimistes sur la durée de cette crise, a-t-elle ajouté. Je pense qu'on peut être optimiste pour l'industrie de la finance et les marchés, [mais] à partir de 2009"
Les propos d'Erin Callan, qui pilote les finances de la quatrième banque de Wall Street, laquelle a été très touchée par la crise du crédit, contrastent avec ceux de Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, selon lequel "nous sommes plus près de la fin que du début [de cette crise]" et même avec ceux de John Mack, le patron de Morgan Stanley, selon qui la contraction du crédit va durer deux trimestres de plus.
"Il y a encore beaucoup de raisons pour lesquelles il y a des problèmes sur les marchés de crédit et il n'y a pas de réponses immédiate, a poursuivi Erin Callan.
Les grandes banques de la planète ont déprécié 245 milliards de dollars d'actifs depuis l'éclatement de la crise du subprime l'été dernier.
Pour Erin Callan, directrice financière de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers, la crise mondiale des marchés de crédit pourrait ne se calmer que l'an prochain.
"Mars a été un mois très très dur, a-t-elle ainsi déclaré dans une interview sur Bloomberg television. Je ne vois pas ce qui pourrait etre le catalyseur d'un rebond dans les prochains mois. il faut regarder vers 2009 pour apercevoir un changement."
"Certains se montrent plus optimistes sur la durée de cette crise, a-t-elle ajouté. Je pense qu'on peut être optimiste pour l'industrie de la finance et les marchés, [mais] à partir de 2009"
Les propos d'Erin Callan, qui pilote les finances de la quatrième banque de Wall Street, laquelle a été très touchée par la crise du crédit, contrastent avec ceux de Lloyd Blankfein, le patron de Goldman Sachs, selon lequel "nous sommes plus près de la fin que du début [de cette crise]" et même avec ceux de John Mack, le patron de Morgan Stanley, selon qui la contraction du crédit va durer deux trimestres de plus.
"Il y a encore beaucoup de raisons pour lesquelles il y a des problèmes sur les marchés de crédit et il n'y a pas de réponses immédiate, a poursuivi Erin Callan.
Les grandes banques de la planète ont déprécié 245 milliards de dollars d'actifs depuis l'éclatement de la crise du subprime l'été dernier.
dimanche 23 mars 2008
Crise du "subprime" : les banques françaises parmi les plus touchées en Europe
D'après une étude de Standard and Poor's, la crise financière a provoqué une baisse de 20% du résultat brut d'exploitation des six premières banques françaises en 2007. Leurs résultats devraient encore se détériorer en 2008
Les banques françaises sont parmi les plus touchées par la crise financière en Europe et leurs résultats devraient encore se détériorer en 2008, estime l'agence de notation Standard and Poor's (S&P) dans une étude publiée jeudi.
La crise des crédits immobiliers à risques ("subprime") a déjà coûté 11 milliards d'euros en 2007 et provoqué une baisse de 20% du résultat brut d'exploitation des 6 premières banques françaises (Caisse d'Epargne, Banque Populaire, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Crédit Mutuel). Sans la crise, leur résultat brut d'exploitation aurait au contraire progressé de 36%.
Standard and Poor's note que cette performance "médiocre" est surtout attribuable aux activités de banque de financement et d'investissement, la banque de détail en France restant en revanche "très rentable et peu risquée".
L'année 2008 ne s'annonce pas sous de meilleurs auspices, prévient l'agence. "L'importance des activités de banque de financement et d'investissement" des banques françaises les expose "à une dégradation potentielle des marchés financiers", souligne-t-elle. A travers ces activités, les banques françaises pourraient en effet pâtir de "la propagation de la crise à d'autres classes d'actifs". Les groupes très actifs dans les dérivés actions (Société Générale, BNP Paribas, Calyon) seront plus exposés à la baisse des marchés boursiers, ajoute l'agence de notation.
En outre, S&P n'exclut pas "la possibilité de nouvelles dépréciations d'actifs sur les métiers déjà touchés l'année dernière".
Les banques françaises sont parmi les plus touchées par la crise financière en Europe et leurs résultats devraient encore se détériorer en 2008, estime l'agence de notation Standard and Poor's (S&P) dans une étude publiée jeudi.
La crise des crédits immobiliers à risques ("subprime") a déjà coûté 11 milliards d'euros en 2007 et provoqué une baisse de 20% du résultat brut d'exploitation des 6 premières banques françaises (Caisse d'Epargne, Banque Populaire, BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Crédit Mutuel). Sans la crise, leur résultat brut d'exploitation aurait au contraire progressé de 36%.
Standard and Poor's note que cette performance "médiocre" est surtout attribuable aux activités de banque de financement et d'investissement, la banque de détail en France restant en revanche "très rentable et peu risquée".
L'année 2008 ne s'annonce pas sous de meilleurs auspices, prévient l'agence. "L'importance des activités de banque de financement et d'investissement" des banques françaises les expose "à une dégradation potentielle des marchés financiers", souligne-t-elle. A travers ces activités, les banques françaises pourraient en effet pâtir de "la propagation de la crise à d'autres classes d'actifs". Les groupes très actifs dans les dérivés actions (Société Générale, BNP Paribas, Calyon) seront plus exposés à la baisse des marchés boursiers, ajoute l'agence de notation.
En outre, S&P n'exclut pas "la possibilité de nouvelles dépréciations d'actifs sur les métiers déjà touchés l'année dernière".
jeudi 13 mars 2008
La Société Générale visée par une « class action » aux Etats-Unis
Cohen Milstein Hausfeld & Toll, un cabinet d'avocats américains réputé, dépose une plainte en nom collectif à l'encontre de la banque française accusée de mensonge et de négligence. C'est un marathon juridique qui s'ouvre, et dont les conséquences sont potentiellement très lourdes pour la Société Générale.
DE NOTRE BUREAU DE NEW YORK.
Les avocats américains ont dégainé. Hier, le cabinet Cohen Milstein Hausfeld & Toll, un des grands noms des plaintes en nom collectif aux Etats-Unis, a déposé une plainte en « class action » à l'encontre de la Société Générale. La banque française, accusée de mensonges et de négligence caractérisée, a perdu 3 milliards de dollars dans la crise du « subprime » et 4,9 milliards d'euros du fait des agissements frauduleux de Jérôme Kerviel. Le cabinet américain estime qu'elle a fait perdre de l'argent à ses actionnaires ayant acheté entre le 1er août 2005 et le 23 janvier 2008 des ADR (American Deposit Receipt), c'est-à-dire des titres-miroirs de son action, aux Etats-Unis. Il demande donc réparation. « La SocGen a laissé fleurir une culture du risque qui s'est révélée contraire aux intérêts de ses actionnaires », fait valoir la plainte qui souligne en plus que la banque a multiplié les « déclarations fausses et trompeuses », tentant de faire croire qu'elle ne serait guère impactée par la crise financière.
Pour la banque française, c'est un marathon judiciaire qui s'ouvre, et dont les conséquences sont potentiellement très lourdes - sa capitalisation boursière a fondu dans les derniers jours de janvier. Hier, en fin de journée, on affirmait à la Défense, au siège de la Société Générale, ne pas avoir été informé officiellement de la plainte.
Dans un premier temps, le cabinet Cohen Milstein Hausfeld & Toll, qui ne représente encore qu'un seul plaignant ayant perdu 3.100 dollars, va tenter d'être reconnu comme chef de file des plaignants. Sa plainte étant maintenant publique, le cabinet espère du coup attirer d'autres plaignants et pouvoir ainsi représenter les investisseurs américains ayant perdu le plus dans ce scandale bancaire. A l'issue de cette première phase qui risque de prendre environ deux mois, la Société Générale devrait contre-attaquer en tentant d'établir que la plainte déposée est sans fondement.
Un adversaire coriace
Prenant les devants sur ce front, le cabinet fait tout d'abord valoir que les tribunaux américains sont compétents dans la mesure où la Société Générale a émis aux Etats-Unis des ADR. Même si l'incompétence en tant que telle n'est pas punissable par la loi, l'avocat Steven Toll souligne d'autre part que les entreprises peuvent néanmoins être poursuivies pour « négligence caractérisée ». Sur ce point, le cabinet fait valoir que la Société Générale a laissé passer sans réaction 75 signaux d'alarme, faisant ainsi référence au rapport de l'inspection de la banque publié fin février. La bataille d'experts en recevabilité qui s'engagera pourrait là aussi prendre jusqu'à 6 mois.
Si la plainte n'est pas alors rejetée, la partie plaignante devra enfin tenter de faire reconnaître le statut de « plainte en nom collectif ». Si cette nouvelle étape qui pourrait prendre là encore six mois est franchie, la Société Générale se retrouverait alors, dans un peu plus d'un an donc, véritablement au pied du mur. Le procès deviendrait alors quasiment inévitable et comme de très nombreuses entreprises dans cette situation, la banque française aurait alors peut-être même intérêt à tenter de négocier un accord à l'amiable.
La route juridique est donc encore longue et la Société Générale n'est pas condamnée par avance mais son adversaire est coriace. Connu pour avoir attaqué souvent avec succès des géants comme Wal-Mart (procès pour discrimination sexuelle), Exxon (marée noire de l'« Exxon Valdez »), Parmalat, le cabinet vient de réussir à faire condamner British Airways et Virgin Atlantic pour entente sur les prix dans le transport aérien. Seul cabinet américain spécialisé dans les « class actions » disposant d'une antenne à Londres, Cohen Milstein Hausfeld & Toll cherche d'ailleurs aujourd'hui à représenter des plaintes d'Européens souhaitant poursuivre la Société Générale de l'autre côté de l'Atlantique.
DE NOTRE BUREAU DE NEW YORK.
Les avocats américains ont dégainé. Hier, le cabinet Cohen Milstein Hausfeld & Toll, un des grands noms des plaintes en nom collectif aux Etats-Unis, a déposé une plainte en « class action » à l'encontre de la Société Générale. La banque française, accusée de mensonges et de négligence caractérisée, a perdu 3 milliards de dollars dans la crise du « subprime » et 4,9 milliards d'euros du fait des agissements frauduleux de Jérôme Kerviel. Le cabinet américain estime qu'elle a fait perdre de l'argent à ses actionnaires ayant acheté entre le 1er août 2005 et le 23 janvier 2008 des ADR (American Deposit Receipt), c'est-à-dire des titres-miroirs de son action, aux Etats-Unis. Il demande donc réparation. « La SocGen a laissé fleurir une culture du risque qui s'est révélée contraire aux intérêts de ses actionnaires », fait valoir la plainte qui souligne en plus que la banque a multiplié les « déclarations fausses et trompeuses », tentant de faire croire qu'elle ne serait guère impactée par la crise financière.
Pour la banque française, c'est un marathon judiciaire qui s'ouvre, et dont les conséquences sont potentiellement très lourdes - sa capitalisation boursière a fondu dans les derniers jours de janvier. Hier, en fin de journée, on affirmait à la Défense, au siège de la Société Générale, ne pas avoir été informé officiellement de la plainte.
Dans un premier temps, le cabinet Cohen Milstein Hausfeld & Toll, qui ne représente encore qu'un seul plaignant ayant perdu 3.100 dollars, va tenter d'être reconnu comme chef de file des plaignants. Sa plainte étant maintenant publique, le cabinet espère du coup attirer d'autres plaignants et pouvoir ainsi représenter les investisseurs américains ayant perdu le plus dans ce scandale bancaire. A l'issue de cette première phase qui risque de prendre environ deux mois, la Société Générale devrait contre-attaquer en tentant d'établir que la plainte déposée est sans fondement.
Un adversaire coriace
Prenant les devants sur ce front, le cabinet fait tout d'abord valoir que les tribunaux américains sont compétents dans la mesure où la Société Générale a émis aux Etats-Unis des ADR. Même si l'incompétence en tant que telle n'est pas punissable par la loi, l'avocat Steven Toll souligne d'autre part que les entreprises peuvent néanmoins être poursuivies pour « négligence caractérisée ». Sur ce point, le cabinet fait valoir que la Société Générale a laissé passer sans réaction 75 signaux d'alarme, faisant ainsi référence au rapport de l'inspection de la banque publié fin février. La bataille d'experts en recevabilité qui s'engagera pourrait là aussi prendre jusqu'à 6 mois.
Si la plainte n'est pas alors rejetée, la partie plaignante devra enfin tenter de faire reconnaître le statut de « plainte en nom collectif ». Si cette nouvelle étape qui pourrait prendre là encore six mois est franchie, la Société Générale se retrouverait alors, dans un peu plus d'un an donc, véritablement au pied du mur. Le procès deviendrait alors quasiment inévitable et comme de très nombreuses entreprises dans cette situation, la banque française aurait alors peut-être même intérêt à tenter de négocier un accord à l'amiable.
La route juridique est donc encore longue et la Société Générale n'est pas condamnée par avance mais son adversaire est coriace. Connu pour avoir attaqué souvent avec succès des géants comme Wal-Mart (procès pour discrimination sexuelle), Exxon (marée noire de l'« Exxon Valdez »), Parmalat, le cabinet vient de réussir à faire condamner British Airways et Virgin Atlantic pour entente sur les prix dans le transport aérien. Seul cabinet américain spécialisé dans les « class actions » disposant d'une antenne à Londres, Cohen Milstein Hausfeld & Toll cherche d'ailleurs aujourd'hui à représenter des plaintes d'Européens souhaitant poursuivre la Société Générale de l'autre côté de l'Atlantique.
dimanche 2 mars 2008
Comment régler un litige avec sa banque ?
Un différend vous oppose à votre banque ? Voici les moyens de le traiter rapidement et au mieux de vos intérêts.
Les relations avec son banquier ne sont pas toujours roses. Parfois les clients ont l'impression d'avoir été floués. Si vous n'arrivez pas à faire entendre raison à votre banque, sachez que vous pouvez éviter un recours devant le tribunal en portant le litige devant les instances de votre banque.
Première démarche, vous pouvez commencer par prendre contact avec votre conseiller de clientèle, puis écrire au directeur de l'agence et le rencontrer.
Si aucune solution ne se dégage, vous pouvez, ensuite, écrire au "service relations clientèle" de votre banque. Ce service est généralement situé au siège régional ou national de votre banque selon son organisation. Lorsque vous écrivez à ce service, joignez-lui une copie de votre dossier.
Voici des conseils supplémentaires pour présenter votre demande
Chaque banque met un médiateur à votre disposition
Enfin, vous pouvez trouver une solution amiable en contactant le médiateur de la banque dont le champ de compétences a été élargi récemment à la gestion des contrats d'épargne et de prêt. Pour envoyer votre dossier au médiateur, utilisez l'adresse figurant sur votre relevé de compte ou sur votre convention de compte
Les relations avec son banquier ne sont pas toujours roses. Parfois les clients ont l'impression d'avoir été floués. Si vous n'arrivez pas à faire entendre raison à votre banque, sachez que vous pouvez éviter un recours devant le tribunal en portant le litige devant les instances de votre banque.
Première démarche, vous pouvez commencer par prendre contact avec votre conseiller de clientèle, puis écrire au directeur de l'agence et le rencontrer.
Si aucune solution ne se dégage, vous pouvez, ensuite, écrire au "service relations clientèle" de votre banque. Ce service est généralement situé au siège régional ou national de votre banque selon son organisation. Lorsque vous écrivez à ce service, joignez-lui une copie de votre dossier.
Voici des conseils supplémentaires pour présenter votre demande
Chaque banque met un médiateur à votre disposition
Enfin, vous pouvez trouver une solution amiable en contactant le médiateur de la banque dont le champ de compétences a été élargi récemment à la gestion des contrats d'épargne et de prêt. Pour envoyer votre dossier au médiateur, utilisez l'adresse figurant sur votre relevé de compte ou sur votre convention de compte
vendredi 15 février 2008
Société Générale : le courtier de Fimat a déposé plainte
L'avocat de Moussa B., témoin assisté dans l'affaire de la fraude de Jérôme Kerviel, a introduit une action pour faux et usage de faux, violation du secret professionnel, dénonciation calomnieuse et diffamation. Il estime que les extraits des échanges échangés par les deux hommes, rendus publics, présentent une "altération frauduleuse de la vérité".
Le courtier qui était en relation avec Jérôme Kerviel et entendu comme témoin assisté dans l'affaire des falsifications reprochées au trader de la Société générale, a déposé plainte vendredi pour "faux et usage de faux", "violation du secret professionnel", "dénonciation calomnieuse", "diffamation" et "violation de l'interdiction de publication d'acte de procédure", selon une source judiciaire. Selon l'avocat du courtier, Me Jean-David Scemama, les extraits de messages électroniques instantanés publiés par le "Nouvel Observateur" samedi sur son site internet, présentent une "altération frauduleuse de la vérité" pour "laisser accroire qu'on a été dans une logique de complicité". "Je suis scandalisé par les méthodes utilisées", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que des modifications avaient été effectuées pour "orienter" l'interprétation des relations entre le courtier et le trader.
La publication de ces "chats" est intervenue au moment où le courtier de la Fimat, une filiale de la Société Générale, était présenté aux juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset, qui l'ont placé sous le statut de témoin assisté. Ce statut, à mi-chemin entre le statut de témoin et celui de mis en examen, signifie que les magistrats ne disposent pas d'éléments suffisants étayant la piste d'une complicité entre le courtier et le trader.
"Il y a une nuance entre reprendre des extraits et restituer leur exactitude et modifier leur teneur en enlevant des mots ou des signes", a affirmé l'avocat. Selon lui, des mots et des signes utilisés dans ces messages pour faire comprendre que l'on fait de l'humour (comme les "smileys" et signe "lol") ont été retirés des extraits parus dans la presse alors qu'ils figurent sur les originaux versés au dossier d'instruction, qui représentent environ 1.600 pages.
L'avocat dénonce également un "découpage des dialogues" avec des phrases tronquées, d'autres "volontairement attribuées au courtier" alors qu'elles ont été écrites par M. Kerviel. "Ce découpage n'est pas neutre", a-t-il dénoncé.
Les "horaires" d'envoi de ces messages ont également été modifiés dans les extraits parus dans la presse, a ajouté Jean-David Scemama, qui n'a pas voulu fournir de précision sur ce point en raison du secret de l'instruction.
Selon des sources proches du dossier, Jérôme Kerviel, soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,82 milliards d'euros à la Société Générale, a passé une partie de ses ordres d'achats et de ventes via la société de courtage Fimat (aujourd'hui Newedge). La révélation de la garde à vue du courtier était intervenue le 8 février, quelques heures avant l'examen de l'appel concernant le maintien sous contrôle judiciaire de Jérôme Kerviel. Ce dernier a finalement été placé le jour-même en détention provisoire à la prison de la Santé.
Selon une source judiciaire, même si le courtier avait eu connaissance des agissements de Jérôme Kerviel, cela n'est pas pour autant répréhensible sur le plan pénal. "Pour qu'il y ait complicité, il faut un acte positif. On n'est pas complice par inaction. S'il a su, fermé les yeux mais n'a pas participé, c'est un problème déontologique, éthique, plus que pénal", selon cette source.
samedi 9 février 2008
Société Générale : le courtier soupçonné de complicité présenté samedi aux juges
Jérôme Kerviel, placé en détention provisoire vendredi, aurait passé une partie des ordres qui ont coûté 4,82 milliards d'euros, via ce courtier d'une filiale de la Société Générale. Des messages électroniques instantanés échangés entre les deux hommes ont été versés au dossier d'instruction par la banque.
Le courtier d'une filiale de la Société Générale, soupçonné d'avoir eu connaissance des agissements du trader Jérôme Kerviel et qui avait été placé jeudi en garde à vue à la brigade financière, va être présenté samedi aux juges en charge du dossier.
Ce courtier de la Fimat (filiale de la Société Générale), Moussa Bakir, selon le Financial Times, était en relation professionnelle avec Jérôme Kerviel, le trader soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,82 milliards d'euros à la banque. Selon une source proche du dossier, Jérôme Kerviel passait une partie de ses ordres d'achats et de ventes sur les produits dérivés via cette société de courtage, qui a fusionné le 22 janvier avec une filiale de Calyon pour devenir Newedge. Des messages électroniques instantanés ("chat") entre le courtier et Jérôme Kerviel, suggérant que le gardé à vue était au courant des agissements du trader, ont été versés au dossier d'instruction par la Société Générale, selon cette source. L'un de ces messages du 30 novembre 2007, cité par Le Monde, était ainsi libellé: "Tu n'as rien fait d'illégal au sens de la loi".
La journée de vendredi avait une fois encore été riche en rebondissements dans l'affaire de la Société Générale. La cour d'appel de Paris a décidé le placement en détention provisoire de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,82 milliards d'euros à la banque, a-t-on appris auprès des avocats des parties civiles. L'ex-trader avait été mis en examen le 28 janvier pour " abus de confiance ", " faux et usage de faux " et "introduction dans des systèmes de données informatiques". Les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset avaient choisi de le laisser libre sous contrôle judiciaire, une décision dont le parquet avait fait appel.
D'une manière générale, le parquet était persuadé qu'une enquête ne pouvait se dérouler sereinement en laissant libre de parler l'ex-trader, comme il l'a fait récemment à l'AFP. Il jugeait en outre que les mesures de contrôle judiciaire imposées par les juges d'instruction sont "trop imprécises pour être efficaces" et "garantir le bon déroulement des investigations". Apparemment, ces arguments ont convaincu les juges de la chambre de l'instruction.
Des messages électroniques instantanés échangés entre le courtier et Jérôme Kerviel ont donc été versés au dossier d'instruction par la Société Générale. Le 24 janvier dernier, lors de la révélation de l'affaire, la Société Générale avait affirmé que Jérôme Kerviel avait agi seul. Cette version d'un acte isolé avait été mise en doute par de nombreux spécialistes des marchés financiers.
Le courtier d'une filiale de la Société Générale, soupçonné d'avoir eu connaissance des agissements du trader Jérôme Kerviel et qui avait été placé jeudi en garde à vue à la brigade financière, va être présenté samedi aux juges en charge du dossier.
Ce courtier de la Fimat (filiale de la Société Générale), Moussa Bakir, selon le Financial Times, était en relation professionnelle avec Jérôme Kerviel, le trader soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,82 milliards d'euros à la banque. Selon une source proche du dossier, Jérôme Kerviel passait une partie de ses ordres d'achats et de ventes sur les produits dérivés via cette société de courtage, qui a fusionné le 22 janvier avec une filiale de Calyon pour devenir Newedge. Des messages électroniques instantanés ("chat") entre le courtier et Jérôme Kerviel, suggérant que le gardé à vue était au courant des agissements du trader, ont été versés au dossier d'instruction par la Société Générale, selon cette source. L'un de ces messages du 30 novembre 2007, cité par Le Monde, était ainsi libellé: "Tu n'as rien fait d'illégal au sens de la loi".
La journée de vendredi avait une fois encore été riche en rebondissements dans l'affaire de la Société Générale. La cour d'appel de Paris a décidé le placement en détention provisoire de Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale soupçonné de falsifications qui ont coûté 4,82 milliards d'euros à la banque, a-t-on appris auprès des avocats des parties civiles. L'ex-trader avait été mis en examen le 28 janvier pour " abus de confiance ", " faux et usage de faux " et "introduction dans des systèmes de données informatiques". Les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset avaient choisi de le laisser libre sous contrôle judiciaire, une décision dont le parquet avait fait appel.
D'une manière générale, le parquet était persuadé qu'une enquête ne pouvait se dérouler sereinement en laissant libre de parler l'ex-trader, comme il l'a fait récemment à l'AFP. Il jugeait en outre que les mesures de contrôle judiciaire imposées par les juges d'instruction sont "trop imprécises pour être efficaces" et "garantir le bon déroulement des investigations". Apparemment, ces arguments ont convaincu les juges de la chambre de l'instruction.
Des messages électroniques instantanés échangés entre le courtier et Jérôme Kerviel ont donc été versés au dossier d'instruction par la Société Générale. Le 24 janvier dernier, lors de la révélation de l'affaire, la Société Générale avait affirmé que Jérôme Kerviel avait agi seul. Cette version d'un acte isolé avait été mise en doute par de nombreux spécialistes des marchés financiers.
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